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Les cerises

Publié le par Patricia Gaillard

Ohpoint de cerises chez nous cette année ! Nous en sommes tristes car ce fruit, beau, élégant, rouge, brillant, est délicieux. 
Le nom Cerisier, vient du grec ancien kerasia, qui aurait donné cerasus en latin et donc cerisier, qui est symbole d'harmonie, de féminité, de beauté, de bonheur. 
Au Japon le cerisier a une place de choix et se nomme sakura. Sa floraison là-bas a l'importance que l'on connaît. Les fleurs alors symbolisent l'amour de la nature, la force, l'espoir, elles sont l'image du temps qui passe et de la beauté qui s'éteint.

Cet haïku le dit bien...

Sakura, sakura
Ils tombent dans les rêves
De la belle endormie 
YOSA BUSON

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Le Mardi des souvenirs 12

Publié le par Patricia Gaillard

Ah les rondes de l'enfance, dans les rues, sur les places, dans la cour des écoles ! Je me souviens bien de ces refrains, que nous chantions à tue-tête, en nous tenant les mains et en tournant en rond. 

🎶 Le Palais Royal est un beau palais, tout' les jeunes filles sont à marier...
🎶 Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés, la belle que voilà ira les ramasser... 
🎶 Ah mon beau château, ma tant'tire lire lire, ah mon beau château, ma tant'tire lire lo...
🎶 Le fermier dans son pré, le fermier dans son pré, ohé ohé ohé, le fermier dans son pré...
🎶 Rondin, picotin, la Marie a fait son pain, pas plus haut que son levain...
🎶 Bonjour ma cousine, bonjour mon cousin germain, on m'a dit que vous m'aimiez...

Vous souvenez-vous ? 

L'idée germait chez l'une de nous (c'était surtout un jeu de filles) et dans la foulée, nous suivions toutes, avec une vraie joie. Ces airs, mille fois chantés, circulent encore dans ma tête. Nous ne réfléchissions pas vraiment au sens des paroles, c'était le rythme et la mélodie des mots qui nous charmaient. Parfois la ronde commençait à trois ou quatre puis, attirés par le chant, d'autres venaient, s'y accrochaient et ça nous faisait bien rire.
À la fois chansons et jeux, les rondes sont le privilège des enfants

Je ne sais si elles se font encore, mais je l'espère grandement ! 

la gaillarde conteuse 

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Votre bouquet du Dimanche 9 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Qu'importe le temps souvent maussade, les coquelicots savent que le moment est là d'orner les champs de blé. Le tissu rouge, fripé, de leurs pétales, la noirceur des étamines, la fine tige verte discrètement poilue, font de lui un joli symbole de Juin.
Cueillis ce matin, voyez comme ils sont restés pimpants. Fragiles ? Eh bien non, ce n'est qu'une impression. 
Il est vrai que je leur avais dit : vous serez des stars aujourd'hui.
Il m'a même semblé que leur vermillon s'était alors accentué.
D'émotion. 

La gaillarde conteuse 

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Le mardi des souvenirs - 11

Publié le par Patricia Gaillard

 

Toute petite déjà, vers quatre ou cinq ans, le fil me fascinait. Filage, tissage,

broderie, couture, ces mots m'ont toujours curieusement émue. J'ai toujours aimé les

tissus, les linges de maison, torchons, nappes, draps, à carreaux, en lin ou en coton.

Je me souviens bien de mon admiration de petite fille devant ces broderies rouges au

point de tige, qui représentaient souvent des scènes traditionnelles de la vie alsacienne, ou des cerises, poires et pommes. À cette époque-là ma mère me préparait des carrés de toile de vingt centimètres de côté, puis elle y traçait de simples lignes au crayon. Là, comme pour tout en Alsace, il s’agissait d’aller droit 😊

Elle m'avait appris comment tenir d’un même geste, à la fois l’aiguille et le fil. Mais ce dernier ne se contentait pas de rester tranquillement enfilé, il glissait souvent hors de l’aiguille et s’échappait de mes menottes malhabiles. J'avais donc vite appris, d’un petit coup de salive entre les lèvres, à humidifier ce fil sauvage, à le rendre pointu, afin qu’il daigne retourner - au bout de nombreux essais ! - dans ce trou longiligne qui porte le mystérieux nom de "chas." D’autres fois c’était ce même fil qui, coupé trop long, faisait un nœud, la plupart du temps inextricable et extrêmement agaçant. Sur ces lignes droites au crayon, je faisais les points de broderie que j'apprenais : point de tige, point de chainette, point d’épine, point de chausson, point de palestrina. Le point de tige était mon préféré. Les autres, bien que jolis, me semblaient plus maniérés. Pour broder, j'avais tout : l’aiguille, le fil rouge, la pièce de lin, les lignes à suivre. Il me manquait une chose : la régularité. Mes lignes étaient affreuses, je m'en rendais bien compte. Je n'étais pas une enfant spécialement persévérante, mais je voulais à tout prix savoir broder.

Ah, les heures que j'ai pu passer, sur mon  chamala  (tabouret bas en bois) à désespérer régulièrement de ce fil qui s’échappait des doigts ou faisait des nœuds.

Je finissais le plus souvent par insulter le fil, comme s’il le faisait exprès. Ma belle

persévérance me venait sûrement de l’exemple de mon arrière grand-père, Constanz Johann Baptist Ancel, qui était tisserand de lin, et dont ma mère rappelait souvent et fièrement

qu’il avait fait, à pied, aller et retour, le chemin de Munster à Paris, pour apprendre le

tissage Jacquard...

Je sentais, au ton solennel avec lequel cette phrase était dite, qu’il s’agissait de se montrer digne d’un homme tel que celui-ci. Mes contrariétés de brodeuse débutante n’étaient donc rien comparées à ce vieux courage familial.
Je ne suis jamais devenue ce qu’il convient d’appeler une brodeuse. Cependant, chaque fois que je brode le travail est assez beau et je ne passe jamais longtemps sans broder une petite chose : une serviette, un torchon... De petits ouvrages en somme, mais qui conservent le fil de mon pays dans mes doigts et dans ma mémoire.

Au fil du temps, mes petits travaux deviennent de plus en plus souvent des broderies au fil rouge sur toile de lin, comme autrefois.
Et parfois je vois dans mes doigts, en filigrane, les doigts de ma mère et ceux de mes vieilles ancêtres...

 

la gaillarde conteuse 

 

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