Passant en revue, à l'instant, les légumes qui mûrissent en bord de fenêtre, j'aperçois cette tomate verte inspirante aux formes complètement improbables. Après deux minutes de réflexion je lui offre des yeux, un regard, des antennes et voici le résultat : une tomate-monstresse-intergalactique !
J'adore
Rien n'est plus inspirant que la nature
les voyages avec elle sont infinis
Il a beaucoup plu. Le vent fou de la nuit a fait voler chaises et brouette en plastique. Les grosses feuilles noires des noyers dont les ultimes noix sont tombées, envahissent chaque recoin du petit domaine, ainsi que des branches, parfois grosses. Des volets ont claqué et mon cher jardinier s'est dévoué au milieu de la nuit pour aller les attacher. En pestant, c'est vrai, mais il y est allé 😄
Et malgré cette nocturne et lugubre ambiance, le ciel du jour arrive à prendre un air serein. Un restant de nuages semble s'échapper vers un ailleurs et son gris n'intimide même pas notre ciel bleu, car ce ciel est vraiment bleu ciel. Nuageux, certes, mais bleu ciel !
Le ciel est une palette où le ton change à chaque instant...
Dans le petit immeuble voisin du nôtre, vivait une vieille dame que ses petits enfants appelaient Bonne Maman. Menue, toujours habillée d'une robe noire à col de dentelle, d'un gilet gris et de bas gris, elle avait un joli chignon blanc. Avec sa façon de trottiner à petits pas, elle me faisait vraiment penser à une souris. J'aimais sa voix douce et son gentil sourire. Ses proches vivaient loin et ne venaient que de temps en temps. Aussi, quand elle m'apercevait, jouant dans la rue avec mes camarades, il lui arrivait de m'appeler pour me demander un service : chercher quelque chose à la cave, faire quelques courses, poster une lettre...
Je m'acquittais d'autant plus volontiers qu'elle me donnait, selon, une truffe ou deux biscuits pour me remercier.
Je n'avais plus mes grand-mères et les quelques vieilles dames gentilles du quartier les remplaçaient un peu.
Je dis bien "les vieilles dames gentilles" car il y a en avait d'autres, plus acides, que j'évitais soigneusement !
Un enfant sent bien à qui il a affaire...
Nos anciennes avaient de l'or dans leurs mains, si l'on considère tous les napperons brodés, crochetés, tricotés ou au fuseau. Qui n'a vu, au fil des brocantes et des ressourceries, ces restes de leurs beaux travaux de patience. Ces napperons, qui durant des décennies ont orné les demeures cossues ou simples, sont ensuite passés de mode.
Ah les modes... qui nous font croire qu'une chose est dépassée, alors qu'elle se re-pointe un siècle plus tard !
J'essaie, dans ma chère cuisine, de conserver une place pour nos ancêtres et leurs travaux qui ont demandé tant de patience et de lente application et qui sont symboles de qualités qu'il nous faut retrouver...