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Le jardin du 4 Août

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 4 Août 
 

Tout n’est pas rose dans un jardin. Il y ici des malades, des agressés, des morts. C’est la vie qui œuvre comme elle œuvre aussi chez les bêtes et les hommes. Et si tout était simple et positif, ça se saurait. 
Les céleris-branches ont de drôles de têtes. Certains jaunissent et moi qui évoquais récemment leur solidité, aujourd’hui me feraient-ils mentir ? Les céleris-raves, qui sont dans la plate-bande voisine, ne sont guère plus fiers. L’un d’eux est pourri et ses branches desséchées traînent lamentablement sur le sol. tout cela est à surveiller de très près car l’an passé, les céleris-branches avaient été attaqués en septembre, par une maladie ou un parasite qui formait des galeries brunes et nous avions perdu la moitié de la récolte. Cette année je vais les cueillir plus tôt - d’autant que les cœurs sont beaux - et les blanchir pour les mettre au congélateur. Le cœur et le blanc des branches, cuits puis mêlés à une sauce blanche avec du gruyère, dans un plat, le tout recouvert d’une fine panure de biscotte écrasée fait, au four, un gratin de choix.  Je sauverai donc, cette année, mes céleris-branches ! 
juste à côté, les chicorées montent en graines. Houla, voilà qui n’était pas prévu. pourrons-nous tout de même les couper et les mettre en pot dans notre grange pour qu’elles deviennent des endives ? 
Un potager est à surveiller. Les choses parfois peuvent se dégrader très vite, comme surgirait une grippe ou un rhume, sans donner forcément de signes avant-coureurs. Il faut être un peu médecin, avoir l’œil, observer et savoir que prévenir vaut toujours mieux que guérir, lorsque c’est possible, évidemment.

Et puis ne pas s’imaginer que rien ne viendra troubler le jardin.
Un jardin doit être troublé, car ce qui est troublé est vivant...
Ce que je dis là vous trouble ?
Soyez heureux, vous êtes vivant ! 

la gaillarde conteuse 


 


 

 

 

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Le jardin du 3 Août

Publié le par Patricia Gaillard


 

 

Nos passiflores sont des passiflora caerulea. Leurs fleurs sont surprenantes, fascinantes, et leurs fruits oblongs, orange, mous, ont la taille des œufs de pigeon et renferment de nombreuses  graines. On les dit comestibles, mais méfiance, car ils contiennent tout de même de l’acide cyanhydrique, surtout s’ils ne sont pas mûrs. Nous nous contentons d’admirer ce fruit mat et de belle couleur et cette fleur aux jolis tons de bleu, blanc, vert et noir. Cette plante grimpante développe des vrilles gracieuses grâce auxquelles elle s’accroche à ce qui se présente pour grimper sans s’arrêter. Elle montera jusqu’au toit si on n’y prend garde ! Sur un mur de pierres elle fait merveille et si vous observez son pied vous verrez qu’elle se marcotte d’elle-même. Vous pourrez prélever les jeunes pieds et les replanter ailleurs, ou faire des heureux parmi vos amis. L’hiver, selon les températures, elle perd une partie de ses feuilles, qui sèchent et tombent. Vous pouvez alors la tailler ou non, selon que vous la voudrez touffue ou longue. De toute façon elle refera des feuilles tout le long de ses tiges. C’est une rustique qui ne vous fera aucun souci d’entretien, sinon que ses feuilles une fois sèches joncheront le sol, comme pour toutes les grimpantes...

mais quand on les aime...

on balaie ! 

😄

 

la gaillarde conteuse 

 

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Le jardin du 2 Août

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 2 Août

 

Aujourd’hui, faisons un tour de potager. Une chaleur écrasante a régné toute la journée d’hier et, cette nuit, un orage a brusquement tout arrosé, secoué, malmené. Ce matin une fraîcheur humide propose un repos.

Tout soupire...

Jaune, rose, orange, noire, immense, minuscule, ronde, longue... la tomate est une rigolote qui jongle avec les couleurs et les formes. Elles sont parfaites ici cette année, les tomates, pas une tache, pas une fente et une bonne conservation. Parfaites ! Mon cher jardinier a fait ses premiers semis d’automne, carottes et betteraves. Il faudra terminer la récolte de pommes de terre. Les haricots produisent fidèlement et d’autres donneront dans un mois. Près d’eux, deux pieds de courgettes et un pied de concombre sont déjà installés pour la fin de la saison, lorsque les premiers seront épuisés. Quant aux cornichons ils pratiquent l’art du camouflage. À chaque cueillette on en découvre de très gros qui ont réussi à échapper à l’œil pourtant attentif du jardinier. Mais vert sur vert sur vert, ce n’est pas commode ! Les concombres, courges butternut et potimarons courent, courent dans l’herbe avec un plaisir quasiment perceptible. Les céleris-raves et branches déploient leur feuillage découpé, vert sombre, rutilant, qui ne semble même pas souffrir de la chaleur, pourtant terrible les après-midi. Les chicorées Witloff sont belles, leur feuillage est taché de rouge, comme si elles essayaient de s’assortir aux betteraves qui sont tout près d’elles. Ces dernières, lavées, brossées et enveloppées de papier sulfurisé, mitonnent quatre heures dans un four à cent-vingt degrés. Elles conservent ainsi tout leur jus et sont particulièrement savoureuses. Pas loin d’elles, les carottes ne cèdent pas, elles, rien ne les influence et leur fanes sont vertes, vertes, vertes. L’oignon, l'échalote et l’ail, récoltés, laissent libres des plates-bandes qui recevront les engrais verts, dont je vous parlerai plus en détail un de ces jours, car le sujet mérite qu’on s’y attarde un peu. Chez les aromatiques la mélisse a terminé son impressionnante floraison. Elle est devenue immense, part dans tous les sens et recouvre du coup toutes ses congénères, il va falloir que je m’occupe d’elle très vite et que sa taille soit sévère ; voilà bien un mot que je déteste ! Les salades sont dans les châssis, sous le cerisier qui leur prodigue - les chanceuses - l’ombre nécessaire à leur survie.

L’été avance dans le temps

Parfois gracieux, parfois grinçant

Toujours généreux cependant

De fruits, de pluies, de chaud, de vents

 

La gaillarde conteuse

 

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Le jardin du 1er Août

Publié le par Patricia Gaillard


 

Je suis enfin arrivée à photographier un monstre poilu. Entendez par ce nom un insecte du genre gros bourdon, bleu marine et poilu que nos enfants, petits, avaient baptisé « monstre poilu. » Ce qui lui allait fort bien, car il est gros et que son bourdonnement est fort et grave. Mais aujourd’hui, pour vous en parler, j’ai fait quelque recherche et je peux vous dire que c’est un Xylocope, de l’ordre des hyménoptères (que l’on appelle aussi Abeille charpentière.) Quand je l’ai entendu, je lisais sur un banc à l’ombre, tout près d’une passiflore. Il s’est posé sur une de ses fleurs et sa teinte bleue, si joliment assortie à la fleur m’a enchantée. Ça y est, j’ai de lui un portrait, je suis contente !

 

Et voici la fin de l’histoire de Jack...

L’ogre était assis dans un fauteuil... il tenait sur ses genoux une guitare en or, décidément ! Et cet instrument tout en or avait une âme en or et il en sortait des mélodies et des paroles qui auraient enchanté les monstres les plus monstrueux de toutes les histoires, s’ils avaient été là.

L’ogre cette fois sentit l’odeur du garçon, il appela sa femme et tous les deux fouillèrent l’armoire, sûrs de le trouver dedans. Mais l’autre sortit de sous la bassine de cuivre, discrètement, vola cette guitare qui lui faisait envie et courut comme si sa vie en dépendait. Et de fait sa vie en dépendait, car les deux autres lui couraient derrière, le long de la route, ils se rapprochaient bien et en glissant sur la tige Jack les entendit se glisser après lui. Sa mère était à fendre du bois - quelle chance - Jack lui arracha la hache puis il coupa rageusement la tige filandreuse et là, dans le jardin minuscule, on vit s’écraser :

L’orgre de trois tonnes qui éclata comme un vulgaire sac de grains

La géante, molle comme une courge pourrie, qui s’étala sur le fumier

La route blanche qui tomba d’un coup sec en glissant comme un ruban de soie

Le palais, qui ressemblait soudain à une pièce-montée de mariage, tout en choux à la crème, avec des dessins de sucre rouges et bleus !

Ce gâteau-là Jack et sa mère le mangèrent, avec tous leurs voisins, il était délicieux.

J’étais à cette fête. Nous avons passé une soirée d’enfer et vous me croirez si vous voulez, la poule aux oeufs d’or est un vrai prodige, je l’ai vue, c’est vrai, mais si un jour vous avez l’occasion d’entendre la guitare de Jack, vous n’oublierez jamais, jamais ça. 


Le plus magique dans cette histoire

Je vous le dis, c’est cette guitare

Allez mes amis, si ce conte s’arrête là 

Pour Jack l’abondance ne s’arrêtera pas

Sachez que les paresseux 

Sont bien-aimés des dieux 

 

Behold a wonder here

Love hath receiv’d his sight

Which Many  hundred years

Hath not beheld the light

 

la gaillarde conteuse

 

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Le jardin du 31 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Chaud, chaud, il fait chaud. Le potager, très exposé, vit ses jours les plus durs. C’est là que la source prend tout son attrait. Pouvoir arroser autant qu’il faut est appréciable et si nos plantes souffrent de la chaleur, au moins ne souffrent-elles pas de la soif. L’étang, entouré d’arbres devient un merveilleux lieu ombragé qui retient, dans ses frondaisons, la fraîcheur de l’eau. Je vous rappelle que la source sort à 4 degrés, hiver comme été.


En vérité, je vous le dis

Le petit domaine, un paradis...

 

Nous allons y rejoindre notre Jack...

 

Un jour ils virent le fond du sac...

« Pas grave  dit Jack, les haricots au jardin ont gardé toute leur fraîcheur, je remonte. »

Il grimpa, grimpa, arriva à la route blanche, marcha, marcha, arriva au palais qui n’avait pas changé. Il frappa à la porte, la même géante lui ouvrit :

« Ah te voilà toi, moi je te nourris et toi pour me remercier tu me voles mon argent ! »

Mais il avait toujours son air sympathique, ce joli garçon. De trois phrases bien tournées il remit dans sa poche la naïve géante, qui recommença le coup des sandwichs trempés dans le seau et tout ça et tout ça… À nouveau l’immense mari arriva, chargé de deux-cents bêtes mortes, Jack fila dans l’armoire. En attendant le menu du jour, que sa femme mitonnait, l’ogre posa sur sa table une belle poule en or. Elle lâcha aussitôt un petit excrément, aussi précieux que son plumage (mais si !) L’ogre la regarda dans les yeux et lui dit poliment (avec l’accent anglais)

« oh, ma très chère petite poule, donne-moi un œuf, je t’en prie ! »

Alors elle fit un œuf, un œuf en or. L’ogre soupira d’aise, se leva, prit l’œuf et partit l’offrir à sa femme, dans la cuisine. Jack sortit de l’armoire, empoigna la poule, qui hurlait tout ce qu’elle pouvait et fila. L’ogre et la géante couraient derrière  lui, il eut juste le temps de remonter la route blanche et de glisser le long de la tige jusqu’à chez lui. Il les avait semés. Avec la poule l’aisance  ne prit pas fin. Mais Jack avait sa curiosité qui partait sans cesse vers là-haut. Quelle merveille pouvait encore s’y trouver ?

un matin n’y tenant plus, il grimpa, grimpa, arriva à la route blanche, marcha, marcha, arriva au palais, mais ne frappa pas à la porte car la géante maintenant risquait d’avoir compris. Il entra comme il put, se cacha cette fois sous une énorme bassine de cuivre qui servait aux confitures, car l’ogre adorait les confitures (en juin j’en ai fait une de merise au sucre roux avec une pincée de gingembre, houla! Celle de septembre sera de figues, de pommes et de noix...) où en étais-je ? Ah oui, Jack était caché sous la bassine de cuivre. 
l’ogre était assis dans un fauteuil...

 

la gaillarde conteuse 

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Le jardin du 30 juillet

Publié le par Patricia Gaillard


 

D’après Cicéron, celui qui possède une bibliothèque et un jardin à tout. Et je suis bien d’accord. Pour moi les plantes sont aussi vivantes que moi et les livres aussi, d’une façon encore différente en ce qu’ils sont des espèces de messagers qui viennent nous visiter par signes. Qui n’a jamais reçu un ouvrage qui tombait pile-poil en accord avec ses questionnements du moment ? Soyez-y attentifs, vous verrez…

Mon époux vient de m’offrir deux ouvrages de chez Larousse. Le trésor des expressions et mots  savoureux de la francophonie, et Toute la saveur des mots du XIXème siècle aujourd’hui oubliés.

Que d’épices j’y puiserai pour assaisonner ce blog, chers visiteurs et je partagerai avec vous ces pépites notoires.

 

Et voici la suite des haricots rouges de notre cher Jack…

 

Jack, les joues en feu, le ventre creux, malheureux, s’endormit recroquevillé dans un petit coin sombre et crasseux de la cuisine...

Quand il ouvrit les yeux, le jour se levait, une ombre épaisse dansait devant la fenêtre.

Dehors, de grosses tiges vert foncé et rugueuses avec des feuilles comme des voiles de bateau sortaient de la terre du jardin est montaient si haut dans le ciel qu’on n’en voyait même pas le bout ! Il y avait de grosses fleurs, comme des jabots de velours rouge et des haricots pendaient de partout qui devaient faire chacun trois livres bien pesées. Quel spectacle admirable digne de tous les rêves de Jack. Le vieux avait donc raison !

« Jusqu’au ciel, Jack, jusqu’au ciel ! »

Jack grimpa, grimpa, arrivé tout là-haut il vit une route toute blanche, il marcha, marcha, au bout il y avait un palais immense, recouvert de fines mosaïques rouges et bleues. Il frappa à la porte, une géante lui ouvrit et lui dit aussitôt : « File mon garçon, décampe, mon époux est un ogre, il va bientôt rentrer, il aime pour son repas des jeunes gens comme toi, mijotés longuement dans une sauce à la menthe ! »

Jack rassembla toute son audace et dit en riant : « alors disons que bien nourri, je serai meilleur… » séduite, la géante, par le courage, le rire et l’air très sympathique de ce joli garçon. Dans sa vie elle n’avait pas l’occasion de faire des rencontres et encore moins de s’amuser. Elle le fit entrer, lui fit un sandwich gros comme un matelas, avec un seau de lait pour le tremper dedans. Puis ils roulèrent sur un matelas gros comme un sandwich. Mais on entendit un bruit de tonnerre :

« ciel, mon mari ! »

Jack sauta dans l’armoire (classique) et par une fente du bois il vit arriver l’ogre, un gros homme suant qui devait faire 3 tonnes, qui avait autour du ventre une ceinture large comme une route, où pendaient, par dizaines, des cochons, des vaches, des volailles, pour la terrine du repas. Il faut dire qu’au début de cette histoire, quand on a distribué les rôles, l’ogre, anglais - mais pas bête - voulait une géante française pour la cuisine. Une de par chez nous qui fait des terrines de canard au vin jaune. La géante justement se mit à faire la cuisine. L’ogre s’installa à sa table : « Ne trouvez-vous pas, Darling, que ces bêtes que nous avons aujourd’hui ont une odeur de jeune homme ?

–Si, si, dit la géante, je ne comprends pas, c’est étrange n’est-ce pas ? »

L’ogre, pour patienter, posa sur sa table de gros sac lourd et se mit à compter les pièces d’or qui étaient dedans. Les piles montaient, montaient, montaient, brillaient, brillaient, brillaient ! L’ogre comptait les pièces comme on compte les moutons et le rythme était si régulier, si régulier, il s’endormit.

Jack sortit de l’armoire, empoigna le deuxième sac qui était plein et fila par la porte qui ne grinça même pas. Il courut sur la route toute blanche, glissa comme un singe le long de la tige, arriva  chez lui.

« Tu vois, Mamy, le vieux avait raison, ces haricots rouges étaient magiques ! »

Elle l’embrassa.

Pendant très longtemps ils vécurent richement avec ce trésor. Mais comme plus on n’en a plus on n’en dépense - même dans les histoires, eh oui - un jour il virent le fond du sac…

 

À demain

 

la gaillarde Conteuse

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Le jardin du 29 juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Et voilà les haricots !! C’est toujours une merveille d’accueillir les haricots au jardin. Et cela me donne l’idée et l’envie de vous raconter une histoire si connue qu’on l’oublierait presque à force de chercher des contes exotiques. Il en est des contes comme des fruits, nous en oublions parfois nos bonnes vieilles variétés. Revenons donc à nos fondamentaux et voici, en quelques petits épisodes, le compte de Jack et de son haricot magique. Je vous présente là ma version, L’original étant un conte de Joseph Jacob dans english fairy tales publié à Londres en 1890.

La petite chanson est extraite de l’œuvre de John Dowland  (1562-1626)

 

My god, my god… Quel paresseux garçon ! Il s’appelait Jack, il vivait tout là-bas avec sa mère dans la campagne brumeuse autour de Londres, en Angleterre… Une maison misérable… Devant il y avait une vache, si on peut dire, une bête vieille, maigre, avec une mauvaise haleine et puis des pis tout secs. Et puis un bout de jardin, avec trois choux hirsutes.

Il était gentil, Jack, mais tellement paresseux… rêver, à ça, rêver il savait faire, des projets impossibles, des châteaux espagnols en plein cœur de l’Écosse. Un artiste peut-être, en attendant pas capable de rapporter trois sous, personne ne voulait l’engager. Le jour où commence mon histoire, il ne leur restait plus qu’une solution : vendre la vache.
« Demandes-en quand même quelques souverains d’or » dit la mère.

Jack partit au petit matin, la vache derrière lui. Ils allaient du même pas, n’ayant ni l’un ni l’autre très envie de marcher, mais les sous n’allaient pas tomber du ciel, quoique…

Au détour d’un chemin, un petit vieux racorni était assis sur une souche. Jack le salua, ils discutèrent un peu, le garçon parla de tirer quelques pièces d’or de sa vache au marché voisin. Alors le vieux, d’une voix tranquille comme si c’était parfaitement normal, lui proposa cinq haricots rouges contre sa vache.

« Cinq haricots, même rouges, contre une vache, même vieille, quand même, hoho faut pas exagérer ! »

Oui mais ces haricots, paraît-il, était magiques et plantés le soir, à la nuit tombante, au matin ils caressaient le ciel de leurs feuilles velues !

« Jusqu’au ciel Jack, jusqu’au ciel ! C’est comme je te dis ! »

Ah ce vieux, le savait-il ou pas, mais ces mots chatouillaient les rêves qui dormaient dans la tête de Jack. Jack tendit la main, le vieux y posa cinq haricots rouges bombés et luisants. Le garçon lui laissa la vache et s’en alla en chantant

 

Behold a wonder here

Love hath receiv’d His sight

Which Manu hundred years

Has not beheld thé light

 

Sa mère, l’entendant si joyeux, pensa qu’il avait fait une bonne affaire. Mais quand il lui conta son histoire, le vieux, les haricots rouges magiques et tout ça, quelle gifle elle lui retourna ! Elle ramassa les maudits haricots roulés au sol, ouvrir hargneusement la porte et les jeta dehors, dans le tout petit jardin misérable.

Jack, les joues en feu, le ventre creux, malheureux, s’endormit recroquevillé dans un coin sombre et crasseux de la cuisine.

 

À demain !

 

la gaillarde conteuse

 

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Le jardin du 28 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Asplenium trichomanes(capillaire)
Polypode vulgaire


Je vous l’ai dit, je vais vous parler des fougères. Car ici la terre est argileuse, les vieilles pierres nombreuses, les rosées généreuses, la source ombreuse, une ambiance qui plaît aux Fougères. Une fougère choisit sa place, s’installe et reste... ou non. C’est une indépendante, une élégante. En compagnie de la linaire - dont il était question tantôt - elle surgit d’un trou entre les pierres où le vent et le ruissellement ont déposé un peu de terre. Elle est un exemple de sobriété et la petite humidité que garde sa mottelette de terre lui suffit longtemps.

Heureuse celle, qui peut comme elle, arriver à être belle, avec un tel minimum.

Je vous présente là les quatre variétés qui nous ont fait le plaisir de s’installer chez nous. Il en manque deux ou trois sortes, qu’on ne voit pas toujours, qui vont, qui viennent, des coquettes, que l’on admire quand elle daignent honorer notre lieu d’un séjour.

 

Les fougères sont les princesses du petit domaine…
 

Polystic - fougère mâle

 

Scolopendre -langue de cerf


la gaillarde conteuse

 

 

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Le jardin du 27 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


 

Le jardin du 27 Juillet

 

Nous voyons le végétal comme un organisme secondaire, nous utilisons même le mot légume pour évoquer un humain qui a perdu la majeure partie de lui-même.

Écoutons Stefano Mancuso dans son ouvrage l’intelligence des plantes :

« Il nous déplaît peut-être de nous rappeler que notre survie repose sur le règne végétal parce qu’une telle pensée nous donne une sensation de fragilité, nous oblige à reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres du monde. Si les plantes disparaissaient l’homme mettrait quelques mois à s’éteindre. Si nous disparaissions, les plantes auraient vite fait de recouvrir entièrement les vestiges de notre civilisation.

Tout tournerait autour de l’homme ?

Il serait le plus important de tous les êtres vivants ?

Le règne végétal représente 99,5 à 99,9 %

Animaux et humains représentent 0,1 % à 0,5 %

Le botaniste russe Kliment Arkodievitch Timiriazev disait :

« la plante est l’anneau de conjonction entre la Terre et le soleil »

 

Mes amis, nous sommes peu

Mais ce peu sait créer...

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 26 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 26 Juillet 


La linaire cymbalaire, linaire des murs, ruine de Rome, une plante qui est, à mes yeux, le symbole de la simplicité et de la grâce. Elle s’installe d’elle-même dans les creux des vieux murs et développe ses nombreuses feuilles rondes et dentelées, petites et légères où sont disséminées des fleurettes mauves à la gorge jaune. Aucune autre plante de ma connaissance n’égale la grâce de la linaire et je me sens toujours très honorée quand l’une d’elle apparaît dans un bout  de mur. Parfois une trop grande sécheresse lui ôte toute consistance, elle semble alors sèche et perd les jolies boucles de ses tiges. Mais une pluie, ou l’arrosage d’une plante voisine suffisent à la requinquer et la voici pimpante.  
« même pas peur » ! 
Son surnom a forcément trouvé sa source dans les ruines de Rome 😄
Elle vit ici en compagnie des fougères, dont il faudra que je vous parle également un de ces jours… car elles sont elles aussi des mondes bien particuliers, qui me fascinent.

que ce dimanche vous soit paisible...

La gaillarde conteuse 

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