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Le jardin du 4 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Nous avons le regret de vous annoncer le décès de madame Lataupe, survenue le 3 juillet à une heure imprécise, à la suite de trop d’insistance.  

Les obsèques se dérouleront dans l’intimité la plus réduite et dans la plus grande simplicité. La morte, de nature franchement païenne, ne voulait surtout pas d’office religieux. 

Et comme dit notre fille « Il faudrait la faire incinérer, après toute une vie sous terre elle a peut-être besoin de changement. »

je l’avais dit que ça finirait mal... mais, figurez-vous qu’à notre grande surprise, un nouveau monticule nous attendait ce matin... Elle n’était donc pas seule ! Ces jolies bêtes au poil si doux sont décidément tenaces. La chasse continue.

La gaillarde conteuse...

 

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Le jardin du 3 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 3 Juillet 

Bien sûr la majeure partie du temps les petits événements du jardin sont agréables. Des étonnements devant des semis germés, de jeunes fruits ou légumes qui arrivent, de belles feuilles luisantes et vert tendre. Mais il y a aussi les jours sans, et hier a été de ceux-là car mercredi soir le ciel s’était brusquement noirci, un noir lugubre, violet, menaçant. Puis un grand vent s’était levé. Les branches du grand noyer du voisin, avec leurs larges feuilles,  semblaient d’immenses voilures battues par un incroyable souffle et notre beau sapin était secoué de haut en bas, comme une simple brindille. Et puis de lourdes gouttes se sont mises à tomber, éparses, puis de plus en plus serrées, tombant fortement en plic-ploc éclaboussants. Ça n’a pas duré longtemps. Un gros orage. Mais hier matin au jardin, ouaille, que de surprises. Le plant le plus beau, qui portait trois petites courgettes, était cassé net à la base. Il n’en restait plus qu’un moignon misérable… Nos tendres salades étaient collées à la terre, tachées de boue brunâtre, en paquets. Les arbres secoués avaient perdu une multitude de feuilles, brindilles, graines, qui jonchaient le sol mouillé et sale. La passiflore, cette si gracieuse grimpante, était couchée sur la terre. Même avec une ficelle et de bonnes intentions, je n’ai jamais réussi à lui rendre sa grâce naturelle et elle semble maintenant un gros bouquet, pendu lourdement à un clou. 
Dans ce charivari, les limaces sont ravies, les bougresses ! 
Et puis un gros groupe de doryphores a réinvesti les charlottes. Mais si. 
Et puis madame la taupe n’a pas abandonné la place. Ça va mal finir… 
Le jardinier doit avoir dans sa poche, près du couteau et du mouchoir, une dose de constance pour accepter, sans perdre son sourire, les aléas du potager. 

La gaillarde conteuse 

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Le jardin du 2 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 2 Juillet

Dans la cuisine, l'odeur des confitures invite les quelques guêpes des alentours. De la cuillère de bois posée sur une assiette, coule un ruisselet sucré et rouge, translucide comme le vitrail. Une guêpe aspire cette délicieuse gourmandise et sa taille, plus que fine, frémit de plaisir. La voilà qui repart en bourdonnant et à son vol hésitant on dirait qu'elle regrette d'avoir quitté cette veine délicieuse. Elle oublie cependant aussitôt ce festin et ressort par la fenêtre ouverte...
Sur les pots, des chapeaux de papier rouge à pois blancs font songer aux coiffes des grands-mères de jadis et ils racontent des histoires. Les étiquettes annoncent le fruit choisi, celui-ci fera la grandeur du petit déjeuner des dimanches. Sur les étagères de la réserve, les pots sagement disposés seront, durant des mois, les témoins tranquilles de l'abondance du potager. Qu'il est heureux celui qui vit de son jardin et qui trouve, sur sa propre terre, sa subsistance.

la gaillarde conteuse...

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Le jardin du 1er Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 1er Juillet

Autour du petit domaine il y a des prés, des bois et des champs. On voit les épis d’avoine trembler gracieusement au vent, comme des grappes de fines clochettes sur de longues tiges raides. Les barbes pointues de l'orge lui donnent un air de balai de paille, tête en l'air, sous le soleil ardent qui sèche ses épis. La chaleur des journées diffuse les parfums. Quant aux nuits, elles répandent une agréable fraîcheur qui s'humidifie vers l'aube, pour terminer en perles d'eau irisées sur les pâtures d'herbes tendres. L'été est là, avec son cortège de fleurs, d'épis, de graminées dorées au bord des près, d'hirondelles virevoltantes. 

la gaillarde conteuse...

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Le jardin du 30 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 30 Juin

Par ici les gens ont des habitudes séculaires, des recettes de derrière les fagots que, pour certaines, on ne trouve pas ailleurs. Les cerises à l’eau-de-vie sont connues partout, eh bien ici la recette est originale et un peu curieuse, en tout cas délicieuse… je vous la confie :
Dans un pot de conserve de taille confortable, mettez vos cerises avec un morceau de queue de 2 ou 3 cm. Remplissez votre bocal de ces cerises jusqu’en haut, en tassant un peu. Puis versez par-dessus un verre de « goutte », c’est-à-dire d’eau de vie et un verre de sucre. Fermez bien le pot avec son couvercle et - c’est là que ça se distingue – posez votre bocal dehors, sur un rebord de fenêtre, et oubliez-le ainsi, au soleil, à la pluie, au vent, à la chaleur durant deux mois. Le jus des cerises va lentement sortir, la goutte va entrer dans les cerises, qui vont légèrement se ratatiner et tout cela va devenir une petite gourmandise, sucrée et raisonnablement alcoolisée, qui accompagne parfaitement le bon café des dimanches en famille. Vous pourrez même, à Noël, les prendre par leur queue et les tremper dans du chocolat fondu puis les déposer dans des petites cassolettes. Un must. 
Je ne donne pas très souvent des recettes « potagères » et pour cause. Vous êtes nombreux à visiter ce blog et si le parfum de ces merveilles vous attiraient jusqu’à ma porte, je ne pourrais vous nourrir tous ! 

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 29 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 29 Juin

Juin resplendit des joyaux des fruits rouges. Les généreuses fraises mara des bois donnent durant toute la belle saison. Il reste quelques griottes, si mûres qu’elles sont confites par le soleil et presque sucrées. Et puis les premières mûres et quatre framboises pour compléter le tableau de ce goûter du jour, récompense des jardiniers. 
Puis il a plu, d’un coup, comme une grosse douche jaillissant d’un pommeau d’arrosoir. Une fraîcheur inattendue est tombée en même temps. Juin est un mois qui sait surprendre. Il peut y faire trop chaud, il peut y faire frais aussi. Un peu capricieux peut-être, mais si vert, si fécond, qu’on lui pardonne très volontiers ses humeurs. C’est lui qui entame l’été, c’est une responsabilité tout de même. Si pour certains été rime avec plages, parasols et gobelets avec paille, ici il rime avec herbe douce, ombre des arbres et rivière d’eau fraiche. À chacun son bonheur d’été ! 

la gaillarde conteuse…

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Le jardin du 28 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 28 Juin

Le jardinier souffle un peu. Appuyé sur le manche de la binette, il essuie de son mouchoir la sueur de son front. Notre chat à trois couleurs vient se frotter à ses jambes puis s’en va se rouler, en ronronnant, sur la terre fraîchement travaillée. Le jardinier l’observe et grommelle tout en souriant. Il se dit qu’être chat est une très bonne affaire. Celui-ci profite du domaine, sans mettre le moins du monde la main à la pâte. Au mieux s’occupe-t-il des quelques loirs qui commettent l’imprudence de s’installer dans le grenier. Mais peut-on qualifier cette chasse de travail ? Le plaisir qu’il y prend est plus grand que l’effort. Le jardinier se met à lui parler : « Sur cette terre tu n’as pas la pire part, mon cher, ta pitance est assurée, ton repos tout autant, ta mémoire fragile ne retient pas tes peines, tu n’espères rien dont tu n’as pas besoin, la mort t’attend aussi, mais tu ne le sais pas. Décidément, je ne suis pas aussi sage que toi... » 
Mais le chat, qui baille, reste parfaitement indifférent à cette haute philosophie jardinière et dominicale. Il lèche soigneusement, avec ce même geste mille fois répété, ses longs poils blancs, noirs et orange…

La gaillarde conteuse…

 

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Le jardin du 27 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 27 Juin

Le bruit des mouches c’est le bruit de l’été
Quand le soleil chauffe, que tout fleurit, mûrit, embaume
Et les rend folles

Les roseaux comme des gardes anglais
Ont des chapeaux de velours longs et immobiles
Faites-leur des grimaces comme il vous plaît
Ils ne bougeront pas d’un cil

Un petit insecte au corps de moire
S’est posé sur ma main qui écrit
Il avance, trébuchant sur ma peau
Et m’observe de ses yeux ronds et noirs 
Qui sont deux graines de pavot

Et le jardinier à genoux sous le chapeau de paille sème, sur une ligne creusée d’un doigt, des graines de salade

un souffle de poésie sur la terre à histoires...

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 26 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 26 Juin

Ce matin le temps est gris, doux, paisible. Les abeilles œuvrent dans le sapin, les tourterelles se répondent d’un arbre à l’autre, un merle y mêle son chant fort et mélodieux. J’aime la paix particulière qui précède la pluie et le parfum de la brise qui porte déjà l’humidité. Le soleil est absent ? Oh que non, il est tombé dans une des serres du potager, dans l’or chaud d’une tomate jaune, la première tomate de l’été. 
Elle sera cueillie, admirée, considérée, remerciée, cuisinée, avant d’être dégustée. 
Cultiver un potager c’est connaître sa nourriture. C’est l’avoir vue naître, pousser, grandir, s’être soucié de son bien-être, de sa survie, lui avoir donné les soins, l’attention, afin qu’à son tour elle nous en donne. Le potager est le lieu de l’échange, je te donne, tu me donnes, je te mange, tu me manges.
Ce midi nous te mangeons, belle tomate, car jusque là tu t’es nourrie du travail attentionné du jardinier. Une pointe d’ail pressé, un filet d’huile d’olive, une tombée de vinaigre balsamique, une pincée de sel bleu de Perse. Oh la la ! mais que la vie est belle…

À demain

La gaillarde conteuse…

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Le jardin du 25 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Récolte de fèves...

Récolte de fèves...

Le jardin du 25 Juin

Il va nous falloir parler des fèves, sujet édifiant.
Semées fin mars, sur deux lignes de 4m, elles font très vite des pousses spectaculaires, puis des feuilles pointues, épaisses. Les pucerons noirs les adorent, donc de temps en temps une petite douche d’eau au savon noir. Les gousses arrivent en mai, charnues, vertes, prometteuses. 
Puis elles grossissent, grossissent, s’allongent, s’allongent… 

Aujourd’hui je les ai cueillies, écossées, blanchies puis épluchées. Voyez sur la photo le gros tas de cosses, le tas moyen des peaux et le tout petit tas de fèves. Et toute la récolte y est ! 
Conclusion : si vous avez beaucoup de temps, une grande patience et un petit appétit, semez des fèves ! 
Mais quand même c’est bon, c’est très fin et si joliment vert. En salade avec de l’ail, de la ciboulette et de l’huile d’olive, un vrai régal. Heu… mon époux n’aime pas.
Des fèves ? 
À vous de voir ;-)

À demain ! 

La gaillarde conteuse….
 

 

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