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LE VILLAGE DE PIERRES

Publié le par Patricia Gaillard

Un sage, passant sur sa mule, voit un enfant qui construit sur le chemin un village avec des pierres. Il dit à l'enfant :
"Eh bien, tu ne veux pas me laisser passer ?
- Je n'y peux rien, tu vois bien que je construis une ville et ce n'est pas aux murs de la ville de s'écarter pour laisser passer quelqu'un, c'est à toi de longer les murs de la ville."
Le sage, bien étonné de cette réponse, descend de sa mule et vient près de l'enfant.
"Tu me sembles avoir une intelligence peu commune pour un enfant de ton âge.
- À l'âge de sept jours le lièvre court et saute dans le bois, pourquoi ne saurais-je pas quelques petites choses à l'âge de sept ans ?"
Le sage sourit...
"Je voudrais te poser quelques questions et si tu y réponds je croirai en effet que tu as des connaissances.
- Me voilà prêt !
- Quel feu est sans fumée ? Quelle eau est sans poisson ? Quelle montagne est sans pierres ? Sur quel arbre ne pousse aucune branche ?"
L'enfant réfléchit...
"Le feu du ver luisant est sans fumée, l'eau de source est sans poisson, la dune de sable est sans pierres et de l'arbre pourri ne pousse aucune branche..."
La sage écoute admirativement les réponses de l'enfant. Mais, avant qu'il ne place un mot  l'enfant, les yeux brillants, lui dit :
"Puis-je moi aussi te poser quelques questions ?
- Vas-y...
- Mais à une condition, si tu ne trouves pas les réponses, tu contourneras les murs de mon village.
- Me voilà prêt !
- Combien y a-t-il d'étoiles dans le ciel ?
- Ce n'est pas juste, tu m'interroges sur des choses bien trop éloignées de nous ! Pose-moi une question sur des choses très proches et je te répondrai.
- Alors dis-moi combien il y a de poils dans tes sourcils"
La sage se met à rire, l'enfant s'est montré bien plus fin que lui, il monte sur sa mule et longe les murs du village de pierres...

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

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LE VIZIR ABDOUL

Publié le par Patricia Gaillard

Illustration tirée de l'ouvrage "Légendes de la Perse ancienne" Gründ

LE VIZIR ABDOUL

Le roi de Perse avait comme ministre un homme juste, le vizir Abdoul.
Un jour le vizir traversa la ville à cheval pour se rendre chez le roi. Le peuple était prêt à se révolter. Dès que la foule le reconnut, elle arrêta le cheval du vizir et le menaça de mort si celui-ci tentait de résister. Un homme alla même jusqu’à porter la main sur lui et lui tirer la barbe. La foule l’ayant ensuite laissé passer, le vizir arriva chez le roi et lui demanda d’avoir pitié du peuple et de ne pas punir le coupable de l’injure qui lui avait été faite.
Le lendemain matin un boutiquier se présenta chez le vizir.
« Je suis venu dénoncer l’homme qui t’a offensé hier, je le connais c’est mon voisin, son nom est Nahim, fais-le venir, châtie-le. »
Abdoul congédia le boutiquier et envoya chercher Nahim.
Nahim devina qu’il avait été trahi, il arriva plus mort que vif chez le vizir et se jeta à ses pieds.
Abdoul le releva et lui dit :
« Si je t’ai fait convier chez moi ce n’est pas pour te punir, mais seulement pour te dire que tu as un mauvais voisin. C’est lui qui t’a dénoncé, méfie-toi de lui et que Dieu t’accompagne. »

Rapporté par Léon Tolstoï

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

 

 

 

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AMUSANTES VÉRITÉS !

Publié le par Patricia Gaillard

"Si les riches pouvaient payer des remplaçants pour mourir à leur place, les pauvres gagneraient bien leur vie"

"Si la chance est avec toi, même ton coq pondra !"

"Notre orgueil meurt un quart d'heure après nous..."

"Qui vole un oeuf vole un boeuf, qui vole un oeuf au plat vole un boeuf bourguignon" ;-)

"Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour"

"Un oiseau ne chante pas dans un buisson de questions"

"Marcher sur l'eau est inouï, marcher serein sur terre l'est aussi"

 

Que le restant de cette journée vous soit très agréable, à bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

 

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LE VIN N'EST QUE DU VIN

Publié le par Patricia Gaillard

Jadis vivait un homme très riche et très fier du vin de sa cave. Il possédait une jarre de vin vieux et rare, gardé pour une grande occasion.
Un jour le gouverneur lui rendit visite
"Cette jarre ne peut être ouverte pour un simple gouverneur..."
Un évêque lui rendit visite
"Il n'apprécierait pas sa valeur et son bouquet n'atteindrait pas ses narines"
Le prince lui rendit visite
"Ce vin est trop royal pour un simple principicule..."
Son neveu se maria
"Les invités ne sont pas dignes de cette jarre..."

Les années passèrent. Il mourut vieux. Il fut enterré comme chaque graine et chaque gland. Le jour où il fut enterré, on ouvrit la vieille jarre, on partagea ce vin avec tous les gens du voisinage. Aucun ne connut son âge et sa valeur.
Ce qui est versé dans une coupe n'est que du vin.

K.Gibran


 

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LA PERLE

Publié le par Patricia Gaillard

Une huître dit à sa voisine
"J'ai une très grande douleur en moi, c'est lourd, c'est rond et je suis en détresse."
Et l'autre huître répondit
"Loués soient les cieux et la mer, moi je suis en bonne santé, je n'ai pas de douleur et je vais bien."
À ce moment-là un crabe passa par là et entendit la conversation. Il dit à l'huître saine
"La douleur que porte ta voisine est une perle d'une excessive beauté."

Khalil Gibran - L'errant

Petite cette histoire, c'est vrai, mais est-il besoin de parler long pour en dire long ?

Je vous souhaite une douce fin de journée
Dans ma cuisine mijotent une soupette de chou-fleur à l'échalote et des pommes à la fleur d'oranger
Aucun festin ne peut valoir les repas chaleureux des soirées automnales

à bientôt !

la gaillarde conteuse...



 

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LA PAGE BLANCHE

Publié le par Patricia Gaillard

 

LA PAGE VIDE

Une feuille de papier, blanche comme neige, dit :
« Pure je fut créée et pure je resterai à jamais. Je préfère être brûlée et me changer en cendres blanches plutôt que de souffrir que l’obscurité me touche ou que la saleté s’approche de moi. »
L’encre entendit ce que le papier disait et elle rit dans son cœur noir. Mais elle n’osa jamais s’approcher et la feuille de papier, blanche comme neige, resta pure et chaste pour toujours.
Pure et chaste et vide… 

Khalil Gibran – Le précurseur

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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LE SEL

Publié le par Patricia Gaillard

 

PAYER LE SEL

Au cours d’une chasse, on rôtit un beau quart de viande pour Anushirvân le juste. Mais on manquait de sel. Anushirvân dit au serviteur, qui partait chercher une poignée de sel dans un village alentour :
« Achète, achète à son prix cette poignée de sel que tu vas chercher. »
Mais le serviteur dit au roi
- « Quel mal peut donc sortir de si peu de sel ? »
Anushirvân répondit :
« Le fondement de l’oppression dans le monde fut peu de chose à l’origine. Mais chacun à son tour y a ajouté, jusqu’à ce qu’il devint ce qu’on voit.
Si un roi s’empare d’une pomme dans le verger d’un paysan, ses serviteurs déracineront l’arbre.
Pour cinq œufs que le sultan se permettra de gober, ses troupes mettront à la broche mille poulets.

SA’ADI  (Poète et conteur persan né vers 1200)

Ces vers de Sa'adi sont inscrits à l’entrée du siège de l’Organisation des Nations unies à New York.
« بنی آدم اعضای یک پیکرند
که در آفرينش ز یک گوهرند
چو عضوى به درد آورد روزگار
دگر عضوها را نماند قرار
تو کز محنت دیگران بی غمی
نشاید که نامت نهند آدمی
Les hommes sont membres les uns des autres
et créés tous de la même matière,
si un membre est affligé les autres s’en ressentent :
Celui qui n’est touché du mal d’autrui
ne mérite d’être appelé homme.

( Saadi, trad. André du Ryer - Source Wikipedia)

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

 

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LES TROIS TAMIS DE SOCRATE

Publié le par Patricia Gaillard

LES TROIS TAMIS DE SOCRATE

Un jour un homme vint trouver Socrate pour lui répéter ce qu’un ami avait dit de lui.
« Attends, lui dit l’homme sage, as-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Les trois tamis ? Dit l’autre.
- Oui mon ami, les trois tamis. Examinons si ce que tu veux me dire passe par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me répéter est bien vrai ?
- Non, je l’ai entendu dire et…
- Bien, bien. Mais au moins l’as-tu fait passer à travers le deuxième tamis, celui de la bonté ? Ce que tu veux me dire, est-ce quelque chose de bon ?
- Non, ce n’est pas bon, c’est…
- Le troisième tamis c’est l’utilité. Ce que tu veux me dire, est-ce utile ?
- Oh, pas vraiment…

Eh bien, dit le philosophe, en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir. Quant à toi, oublie-le !

Socrate, philosophe de l'antiquité grecque, philosophe de tous les temps

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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LE BOUTON BLANC

Publié le par Patricia Gaillard

J'ai entendu cette histoire de la bouche d'un vieux conteur juif…

« Lorsque j'étais petit, mon père était tailleur et nous étions très pauvres. Un jour ma mère nous fit du thé, à ma petite soeur et à moi. Le thé de ma soeur était sucré, le mien non.
« Le sucre est très cher dit ma mère, toi tu es grand, tu peux comprendre, elle non. »
J'ai insisté, je voulais absolument du sucre, tant que ma mère est partie pleurer à la cuisine. Mon père s'est levé de sa table, il s'est assis près de moi.
« Regarde ce que tu as fait, ta mère pleure maintenant. »
Il sortit de sa poche un tout petit morceau de sucre et me dit :
«Ta mère et toi vous serez toujours pauvres, parce que vous manquez d'imagination... Regarde ce petit bout de sucre, il peut sucrer des centaines de verres de thé. »
Il le plaça tout au coin de ses lèvres et but le thé, puis il reprit le bout de sucre entre ses doigts et le remit dans sa poche.
« Le jour où il ne te reste plus qu'une miette de sucre tu prends ton verre de thé, tu tiens le bout de sucre dessous et tu bois du thé sucré, c'est une question d'imagination. Et le jour où tu n'as même plus la miette de sucre, tu prends ton verre de thé, tu tiens dessous un petit bouton blanc et tu bois du thé sucré, c'est une question d'imagination. Tu peux sucrer comme ça des milliers de verres de thé. Ainsi tu ne seras jamais pauvre mon fils. »

Quoique nous puissions croire dans notre monde,  ce n'est pas les richesses qui manquent à notre bonheur, mais c'est bien l'imagination et la sagesse. Cultivons-les, c'est alors seulement que tout changera

Je vous souhaite la journée douce et belle
Ici le soleil est en train de traverser patiemment la brume glacée, un ballet d'oiseaux volète autour des graines posées dans une maisonnette du jardin et un thé m'attend sur la table de ma cuisine

à bientôt !

la gaillarde conteuse...

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ORIENT DE NOVEMBRE

Publié le par Patricia Gaillard

Devant ce petit matin brumeux et hivernal, me vient curieusement un souffle d’Orient et d’épices. Voici donc une histoire de Nasrudin, cet homme dont on ne saura jamais s’il est fou ou sage

LE PAIN

Philosophes, sages, docteurs de la loi et autres savants du royaume furent appelés à la cour pour juger Nasrudin. Ils étaient nombreux. L’accusation était grave : Nasrudin était allé sur les places des villages, dire à la population que  tous ceux qu’on leur présentait comme de grands sages n’étaient en fait que de grands ignorants et des indécis. L’intégrité de l’état était donc menacée.
Le juge donna d’abord la parole à Nasrudin, alors celui-ci demanda du papier et des plumes. On fit apporter du papier et des plumes que Nasrudin distribua à sept des savants présents.
Puis il leur demanda d’écrire leur réponse à cette question : Le pain, qu’est-ce que c’est ?
Chacun des sept écrivit sa réponse à cette simple question.

Le juge recueillit tous les feuillets et lut à voix haute :
Le pain est un aliment
Le pain c’est de la farine et de l’eau
Le pain c’est un don de Dieu
Le pain c’est de la pâte cuite au four
Le pain ça dépend de ce qu’on entend par pain
Le pain est une nourriture
Le pain, je ne saurais vraiment dire

« Quand ils seront d’accord sur ce qu’est le pain, dit Nasrudin, ils pourront décider de bien des choses, comme de savoir si j’ai raison ou si j’ai tort. Peut-on sérieusement faire confiance à leur jugement ? Ne trouvez-vous pas curieux qu’ils n’arrivent pas à s’entendre sur la nature d’une chose  qu’il mangent chaque jour et qu’ils soient pourtant tous d’accord pour dire que je suis coupable ? »

Nasrudin s’en sort, évidemment
Il s’en sortira juqu’à la fin des temps
Et de plus il laisse derrière lui
Bien des questions dans les esprits

Bon dimanche à vous, en compagnie de Nasrudin !

Je vous embrasse

la gaillarde conteuse…

 

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