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Le jardin du 25 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 25 juillet

 

Aïe aïe aïe, l’ail rose est minuscule. Autant l’ail blanc, planté en automne dans la serre, a donné dès le printemps des têtes aux caïeux joufflus et fermes, autant son frère rose donne des têtes petites. On pourrait même carrément dire « ridicules » mais n’allons pas vexer notre terre habituellement si généreuse. L’an passé cette récolte avait déjà été modeste. Peut-être que l’ail rose n’est pas rustique ici après tout. Et puis tout jardin, selon sa terre et le climat ambiant, développe un certain caractère. On apprend à le connaître seulement au fil du temps. C’est un compagnonnage, le jardinage…

n’empêche, le jardinier fait triste figure, il est habituellement mieux payé en échange de ses soins.


Le lait - presque maternel - semble avoir réussi au petit chêne. Je ne l’avais pas vu si joli depuis longtemps. Et puis depuis la taille ses feuilles se sont élargies, elles arborent un vert plus sombre et plus profond. C’est un convalescent à suivre de près et à visiter chaque jour, avec bienveillance. Je crois qu’il apprécie.

 

Le petit chêne couve

Des pousses invisibles

Je crois qu’il approuve

La douche comestible

Qu’il a reçue tantôt

Il revit et bientôt

Ouvrira le cœur clos

De sa jeunesse...

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 24 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


 

Vous aurez bien sûr remarqué que chez moi le visible et l’invisible se côtoient sans cesse et je ne peux me résoudre à ne considérer que ce qui se voit. Ici derrière chaque plante, chaque feuille, chaque fleur, chaque bête, il y a des mondes, inconnus certes et d’autant plus passionnants qu’ils offrent à mon imaginaire un terrain de jeu. Et ça, j’aime.

Aujourd’hui je vais vous offrir un petit dictionnaire que j’ai tricoté en m’inspirant des croyances populaires qui ne manquent pas de piquant. Je vous laisse le découvrir. Mais prenez-en bien note, car ces connaissances - démodées - pourraient vous sortir d’affaire plus d’une fois. Qu’on se le dise ! 
😄

 

Arbre : le couper est un crime contre les esprits de la nature qui vivent sous l’écorce. Ne prendre de ses branches que ce qui est nécessaire

Aubépine : sa branche sur la porte protège des orages. Ne jamais en faire un balai, il porterait malheur.

Avoine : crue elle rend l’âme joyeuse, l’intelligence vive et le teint clair

Bûche : les cendres de l’âtre au matin de Noël font dans la lessive un linge blanc sans pareil

Buis : fait fuir les serpents et les orages

Chêne : qui tue un chêne sain, se fâche avec Joseph le saint

Cosse : si on y trouve neuf pois, faire un vœu

Escargots : mettez à l’envers votre vêtement vous en prendrez des cents

Fiente : celle de la chèvre soigne les maladies d’oreilles. Celle du loup soigne les maladies de ventre. Celle du cochon soigne le mal des poumons. Celle de l’oie soigne la jaunisse.

Fougère : ses graines recueillies une nuit de St-Jean donne une vue surnaturelle

Gentiane jaune : source de jouvence. Boire la goutte de rosée au creux des feuilles. Elle ne doit contenir aucun insecte et le buveur ne doit avoir aucun ennemi

Hêtre : abrite dans son ombre les danses des fées. Jamais la foudre ne s’y risque. Celui qui s’y endort fait des songes délicieux

If : celui qui dort dessous ne saura plus son chemin

Jonquille : sept jonquilles ouvertes portent bonheur

Lézard : pour être heureux et riche, porter dans une chaussure une queue de lézard vert. La fiente de lézard rajeunit la peau

Luciole : « lumière du berger » Croisée la nuit de la St-Jean elle porte bonheur

Marguerite : effeuiller la marguerite n’a de sens que si le corps est face au soleil et qu’il est plus de midi

Mélisse : mettez un collier de Mélisse à un bœuf, il vous suivra sans corde

Noisette : les enfants qui en mangent beaucoup aimeront la géométrie

Noyer : somnoler près d’un noyer rend devin pour toute l’année. Ses feuilles cueillies à la St-Jean protègent de l’orage et du vent

Persil : pour une récolte serrée, l’enfant doit le semer

Pervenches : celui qui offre sept pervenches est un sorcier

Peuplier : trois feuilles de peuplier exaucent les rêves

Pivoine : sept racines de pivoines cueillies à la lune de minuit soignent la danse de saint Guy

Primevère : poudre de primevère rouge rend la virginité

Trèfle : deux amoureux qui en trouvent un à quatre feuilles, auront quatre filles et quatre garçons

Violette : manger la première violette du printemps met à l’abri des fièvres pour longtemps

 

Comment dites-vous ? Vous me trouvez de la mémoire… Je vais vous dire : pour bien la conserver, il faut porter une escarboucle en collier !

Vous voilà savants, chers visiteurs, ressortez de leurs livres de cuir ces antiques remèdes et vous résisterez quasiment à tout.
N’est-ce pas là une merveille ?

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 23 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 23 Juillet

 

Trois lignes de pommes de terre (sur vingt) ont été récoltées. Bonne surprise, les tubercules sont beaux. Une victoire lorsque l’on songe aux ingrates cueillettes de doryphores que mon jardinier préféré a effectué avec tant de patience. Et aussitôt il passe un petit coup de motoculteur, celui-ci est un modèle subtil car il peut labourer sur une faible profondeur, afin de ne pas trop troubler la vie du sol. Nous ne pouvons pas, chez nous, pratiquer la vraie permaculture, notre terre est trop lourde, trop argileuse, il nous faut la remuer un peu. On peut approuver des principes de culture, mais ceux-ci doivent être compatibles avec le sol où nous nous trouvons. À la place de ces pommes de terre les carottes d’hiver seront semées dans les jours à venir. Celles-ci demeureront en terre à maturité, l’automne venu, sous une couette de feuilles, jusqu’au seuil du printemps prochain. Bien sûr nous en sommes loin, mais les jardiniers ont toujours leur calendrier en tête et chaque saison prépare les suivantes. Nous avons récolté les échalotes. Il faut attendre pour les sortir que leurs tiges aient complètement séché et on les découvre alors - sous une première peau fine et friable - oblongues, brillantes, fermes et d’un joli brun-rose mordoré. L’oignon et l’ail gagneront à demeurer encore un peu dans la terre. Il est tombé hier une pluie paisible, après quelques grondements de tonnerre, sourds et lointains. Une pluie d’été est toujours un arrosage bienvenu et s’il est régulier, c’est une aubaine !

 

la gaillarde conteuse

 

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Le jardin du 22 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 22 Juillet

Les fleurs… tout le potager en est bordé. Certaines sont des gardiennes, comme les capucines, grimpantes ou non, elles attirent à elles les pucerons. Les œillets d’Inde, petits, frisés, tout en tons de jaune et d’orange et les soucis, repoussent ensemble certains insectes indésirables, tout en ornant les bords des plates-bandes. Les zinnias, dont le nombre des coloris semble sans fin, remportent la médaille de la tenue, rien ne les intimide. Les glaïeuls, un peu raides mais chargés de grandes fleurs, ont des teintes parfois étonnantes, presque fluorescentes. Les cosmos, au feuillage aérien et très fin, ont une fleur très sobre, rose ou blanche, tout simplement. Les phacélies sont les chouchous des abeilles, leur  hampe mauve aux étamines mauves est originale. Les dahlias sont des cocardes qui parfois ressemblent aux fraises d’Henri IV, tant leurs pétales sont roulés, les uns contre les autres, avec une régularité impressionnante. D’autres ont des pétales pointus et d’un rose si doux qu’il enchante les petites filles. Et par-dessus tout cela il faut parler des fleurs des haricots, petites gueules de loups, rosées, violacées et prometteuses… 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 21 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 21 Juillet

Je voudrais évoquer les lichens, ces petits mondes à part auxquels nous n’accordons le plus souvent que peu d’attention, alors qu’ils sont des organismes très singuliers, curieux mélangés de champignons et d’algues. Ils se développent un peu partout sur la terre et peuvent supporter des conditions vraiment extrêmes. Même totalement secs, ils savent revenir à la vie avec un peu d’humidité. Leur croissance est très lente, certains peuvent vivre plusieurs siècles !
La variété cetraria islandica est utilisée en pharmacopée car elle combat les tumeurs, les inflammations et le fameux Helicobacter pylori - si, si - responsable des ulcères de l’estomac. Cette même cetraria islandica donne, en Iran, une farine dont on fait un pain que les paysans iraniens appellent shirsad. 
En période de famine, les Canadiens du Grand Nord consommaient  la variété umbilicaria pustulata (c’est comme je vous le dis) surnommée « tripes de roches. » 
Les Japonais la consomment encore, crue ou cuite.
Ajoutons que la chouette chevêchette se cache dans nos bois, contre les arbres couvert de lichens où elle passe, bien sûr, inaperçue. Plusieurs espèces d’oiseaux en garnissent fréquemment leur nid car les lichens isolent du froid.
Beaucoup de qualités ces jolis lichens, et encore je ne vous en ai dévoilé qu’un peu. Reconnaissez que ça valait bien de s’arrêter un instant sur eux. 
Si vous en voyez chez vous - maintenant que d’en parler vous a ouvert l’œil – sachez que leur présence est signe de pollution.
N’empêche, ils sont jolis ! 

Allez, aujourd’hui je vous embrasse 

La gaillarde conteuse 

 

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Le jardin du 20 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard


Le jardin du 20 Juillet

 

L’eau limpide quitte la source et ses fougères ruisselantes, pour devenir rivière bordée d’arbres, qui offrent une ombre fraîche où le soleil, filtré, pose des taches scintillantes. Il y a là des noisetiers, des aulnes, des frênes et des érables. Ces derniers ont de petites feuilles qui deviennent jaune moutarde à l’automne. Je leur trouve un charme particulier. L’érable est symbole de liberté. Pour les druides cet arbre était un des messagers des dieux. Ils lui voyaient un langage, véhiculé par le souffle du vent dans ses branches. Ces mêmes prêtres utilisaient sa sève pour calmer les esprits agressifs. Près de la fontaine dans laquelle Merlin puisait son eau, il y avait un érable. Si vous méditez un instant près de cet arbre vous serez nettoyés des marques que laissent les épreuves de l’existence.

Pour atteindre les noces d’érable il vous faudra être marié depuis 58 ans ! Patience...

L’érable à sucre - ou érable franc Acer saccharum - est celui dont la feuille à 11 pointes figure sur le drapeau du Canada depuis 1965. C’est bien sûr avec la sève de celui-ci que l’on fait le fameux sirop d’érable qui fait merveille dans bien des recettes. 
Et puis le fameux été indien se colore des teintes de feu de l’érable. On voit de plus en plus cet arbre dans nos paysages européens, en compagnie du Liquidambar qui, quoi que l’on dise, n’est pas un érable mais en porte les couleurs en automne, ainsi que le chêne américain... mais j’aurai le plaisir, l’automne prochain, de vous parler de ceux-là car ils font partie de nos beaux compagnons d’octobre. 

 

la gaillarde conteuse

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Le jardin du 19 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 19 Juillet de nuit...

3h40
Le chêne sommeille
Le frêne veille
La fraîche nuit
Enrobe tout

Le foisonnement de la nature est remarquable, il invite à l’émerveillement dans la simplicité et au repos de la contemplation. 
Le foisonnement des productions humaines épuise et aspire nos forces vives. Le besoin d’avoir nous tient esclaves de l’inanimé et de l’inutile. Les possessions sont des prisons qui tiennent notre vastitude captive. Se dépouiller est l’unique issue vers la grâce. Un chemin long, voire douloureux, mais nous pourrons, ainsi seulement, nous approcher de l’être, de l’oiseau, de l’arbre, de l’eau, du rocher, et des dieux qui y sommeillent, pour réentendre le chant du monde qui parle à l’âme. 

la gaillarde conteuse... dans les étoiles 🌟  

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Le jardin du 18 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 18 Juillet

Autour du village les gros rouleaux de paille blonde et brillante sont disséminés sur les champs moissonnés. Des maïs montent les fleurs beiges, élancées, et les tournesols peaufinent leur floraison d’un éclatant jaune d’œuf. Les maisons sont fleuries de teintes vives et les moustiquaires barrent les portes aux insectes volants, bourdonnants, bedonnants, insolents, vrombissants, énervants, piquants ! On jardine tôt le matin, sous le toit de paille du chapeau et les après-midi ont un fort parfum de sieste, ce même chapeau posé sur nos yeux clos. On entend juste les cris de la buse qui tournoie, le bourdonnement impressionnant des abeilles, qui font leur camp dans les framboisiers et dans les innombrables fleurettes crème du fusain doré. Quelle concentration chez ces bêtes. Pour une abeille qui butine, le reste du monde n’existe plus et nous pourrions leur gratter la nuque sans qu’elles n’en sentent rien. Mais ne dérangeons pas ces besogneuses ouvrières et pendant qu’elles font, ne faisons rien…

La gaillarde conteuse 

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Le jardin du 16 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 16 juillet
 
Ça y est, j’ai soigné, taillé le petit chêne et taillé du même coup quelques végétaux alentour qui L’envahissaient un peu. Qu’il est beau. Je vais le suivre au jour le jour pour voir comment il se comporte dans sa convalescence. Nous ignorons trop souvent à quel point les plantes sont sensibles à nos attentions. Une visite, quelques mots, du respect et de la considération sont, entre elles et nous, des clefs d’amitié. Ce n’est pas parce qu’elles ont une manière différente de ressentir et de s’exprimer qu’elles ne ressentent et ne s’expriment pas. Élargissons un peu notre petite pensée et cessons de croire que nous sommes les seuls à être merveilleux sur cette terre ! 
Le jardin ce matin a été très généreux en tomates et courgettes. Beaux légumes, sans défauts, brillants, colorés et mûrs. À cette heure ils sont déjà conservés, d’une manière ou d’une autre. Les cornichons du jour, brossés et couchés sous une couverture de sel rejoindront leurs semblables demain, dans le vinaigre du bocal où trempotent échalote, ail, romarin, laurier, graines de coriandre et grains de poivre noir. Mon cher jardinier a semé des salades, comme il fait tous les vingt jours, afin qu’elles se succèdent sans faute, car vivre sans salade… bien sûr que non. Le dessert du jour, de mûres et de fraises était divinement goûteux. Les grosses limaces orange nous attendaient sur la terrasse de la cuisine tôt ce matin et un peu plus loin, au bord de l’étang, un magnifique monticule de terre nous narguait sans retenue.
Je vous le dis, ici y’en a qui bossent pendant que d’autres dorment...

La gaillarde conteuse 

 

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Le jardin du 15 Juillet

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 15 Juillet

« Mais que vois-je, un très joli pot bleu, haut comme un mirador pour chat, avec de la terre sèche et chaude, où rien ne pousse… je vais m’y installer, oh mais qu’est ce que j’y suis bien. Que j’aime dégoter de nouveaux petits endroits où me poster pour somnoler et surveiller les environs sans en avoir l’air, des fois que passerait un loir ou quelqu’un de sa famille.»

ici on cultive du chat...

Aujourd’hui le jardinier taille les lauriers-cerises. Depuis un certain temps nous avons découvert les tailles en vert. Toutes les trois semaines, environ, durant toute la belle saison, nous taillons la trentaine de cm des dernières pousses des arbustes. Ils demeurent ainsi petits, ronds, touffus et plus beaux que jamais. Cette taille régulière évite l’allongement souvent maigre et hirsute des arbustes, et la grande corvée des tailles d’hiver. Et puis surtout depuis que nous procédons ainsi ils sont tous magnifiques. Leurs feuilles sont plus nombreuses, plus petites, plus luisantes et de ton de verts plus vifs. Peu à peu nous allons peut-être obtenir des genres de bonzaïs de jardin. En tout cas ça nous plaît et à eux aussi, vu leur éclatante santé. 
J’ai acheté du lait. Demain je vaporise le petit chêne. Et d’ailleurs je songe à le tailler aussi. Rond, touffu, il sera beau et se distinguera de ses congénères.

J’ai un faible pour qui sait sortir du lot…

La gaillarde conteuse . 

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