Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le jardin du 15 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 15 Juin

Réveillée cette nuit, vers trois heures, je suis sortie tout doucement dans le jardin. Si le jour nous pouvons dire « notre » jardin, la nuit ce « notre » n’est plus de mise. D’ailleurs j’y vais sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger, ne pas effrayer ceux qui y sont chez eux la nuit. De plus le jardin ne se ressemble plus, dans ce manteau de velours noir piqué d’innombrables étoiles, il est un autre lieu, un autre univers où, pendant que nous dormons, d’autres vivent. Un froissement d’ailes, un cri de chouette, la fraîcheur de l’air et le silence, la vibration discrète des feuilles de bouleau, les reflets d’argent sur l’étang, miroir tendu à un bout de lune, on dirait bien que d’autres mondes sont descendus dans ce monde et que des énergies inhabituelles circulent librement. Tant de choses sont possibles quand l’humain se retire. La nuit est inquiétante et fascinante, elle n’est pas notre place, nous y sommes étrangers, il faut le reconnaître. 
Je rentre, la tisane de mélisse doit avoir maintenant tiédi. 
Puis je retournerai discrètement me coucher près de mon diurne jardinier. 
Dans une poignée d’heures, le jour nous rendra ce jardin, qui n’est pas qu’à nous, mais dont nous sommes les ouvriers.
À chacun son rôle…

À demain ! 

La gaillarde conteuse

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 14 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 14 Juin

Près de la rivière, proche du frêne au point que certaines de leurs branches se touchent, un merisier expose ses fruits ronds et rouges, qui peu à peu deviendront noirs, fichés au bout de longues tiges. C’est agréable de compter encore sur ces cerisettes tardives, alors que les autres variétés ont terminé de donner. Dans le grand sapin, planté par un aïeul de mon époux il y a soixante-quinze ans, une tourterelle attire notre regard. Plus grande que celles que nous voyons habituellement ici et arborant un large ventre très rose, c’est la tourterelle des bois. Comme elle est belle et comme elle ressort sur ce fond d’aiguilles vert foncé. Nous aimons recevoir ici des hôtes inhabituels, qui forcent l’attention, même si nous apprécions beaucoup nos nombreux habitués. Sauf peut être les limaces, du moins en ce moment… je ne vous raconte pas… sujet brûlant.
Dans une des serres, une épeire a construit un petit nid qui ressemble à une légère montgolfière ou à un lampion japonais en fin papier opaque. Il en sortira une multitude d’araignées, identiques à leur mère mais absolument minuscules. Les araignées qui vivent et nidifient près de l'homme, de ses jardins ou de son habitat, ainsi que les animaux qui tout en étant sauvages vivent à proximité de l’homme, sont qualifiés de synanthropes. 
Donc ce soir vous vous coucherez avec cette connaissance de plus. 
Ah tout ce qu’on puise au jardin ! 

Que ce dimanche vous soit aussi doux qu’un ventre rose de tourterelle des bois

La gaillarde conteuse…                   

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 13 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 13 Juin

Chaque matin je rassemble un petit bouquet de fleurs sauvages qui me rappellent ensuite, au fil des heures, la beauté simple de la nature.
Un petit chêne est arrivé tout seul, pas loin du frêne, contre un troène rose. On voit qu’il en est à ses débuts, qu’il manque d’expérience, car ses petites branches partent un peu dans tous les sens.
 « Un chêne devient gros, il va envahir l’endroit » dit mon époux, qui espère être convaincant. 
Mais, me connaissant, il renonce. Nul n’ôtera ce chêne, je veille et je fais le vœu que nous le voyions grandir encore longtemps. 
Ce petit arbre ne sait pas encore - mais je le lui apprendrai - qu’il est symbole de force, de générosité, de majesté, qu’il était l’arbre sacré de plusieurs traditions, qu’il symbolise la communication entre le ciel et la terre. Les druides y cueillaient leur gui sacré, Hercule y sculpta sa massue, Saint-Louis dans la forêt de Vincennes rendait justice sous un chêne. Le chêne était, lui aussi, l’un des sept arbres du bosquet sacré des druides. 
Pour l’instant je le laisse grandir, prendre sa place, étirer ses racines, s’installer. Plus tard, de jour en jour, je lui raconterai son histoire. Une conteuse raconte des histoires, aux humains bien sûr, mais pas que…

Un jour, parlant de lui, mon époux dira « il est venu ici de lui-même » et il sera fier d’être l’hôte du chêne. 

À demain ! 

La gaillarde conteuse…                

Partager cet article
Repost0

Jardin du 12 juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 12 Juin 

Il pleut ? Qu’importe… Aujourd’hui j’ai prévu de faire pour le repas de midi des avocettes, préparées avec des carottes, de l’ail et de l’oignon nouveaux. Grêlerait-il que je n’abandonnerai pas mon idée, car nos papilles frétillent déjà à cette évocation.  
La pluie, voilà bien une chose qui ne devrait pas nous intimider, au contraire, je ne suis pas loin de penser qu’elle est excellente pour notre santé. C’est une des maladies modernes que de vouloir qu’il fasse toujours beau. 
En tout cas, j’ai cueilli mes légumes !
Pendant ce temps mon époux a vérifié la présence des doryphores. Deux ou trois, rien de plus. Ouf. Cependant, tout comme ce virus - dont-je-ne-parlerai-pas-car-on-en-parle-assez - il en reste, donc méfiance…
C’est drôle, quand il pleut, les couleurs au jardin sont comme éteintes. Le vert devient grisâtre, kaki, et on peut constater là que le soleil embellit tout.
Dans mon almanach de jardin il est écrit, pour aujourd’hui : éclaircir les semis de fleurs. 
Je n’ai pas eu besoin de le faire, les limaces s’en sont chargées. Quel zèle, il ne reste pratiquement rien que de maigres tiges rognées. Mon époux a de meilleurs résultats, tiens, tiens… Il me faut donc prévoir de re-semer. La patience est une qualité in-dis-pen-sa-ble pour qui veut devenir jardinier. 
Ce bout de terre est une école d’attention et de sagesse…
Belle journée à vous tous, ne boudez pas la pluie !

À demain !

La gaillarde conteuse…

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 11 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Mon époux m’a offert un bouquet de cerises, comme elles sont belles. Un bouquet, allez-vous me dire, quand ce ne sont pas des roses ou des lys ? Ne soyez pas conventionnels... je vais vous raconter quelque chose...

une amie de la petite montagne me parlait un jour de ses parents. Ils étaient paysans avec des habitudes de paysans, ce qui ne veut pas dire des habitudes sans sentiments. Il est vrai qu’en ce temps-là, et surtout dans ce milieu, on ne se servait pas des « je t’aime » à tout-va, ou des « mon cœur »,  des « mon amour », des  « mamour ». Il y avait une sorte de pudeur, une timidité devant les mots. D’ailleurs des mots, on en disait bien moins. On ne disait que ce qui était nécessaire. Cependant les sentiments passaient par d’autres canaux, plus subtils, qu’il fallait sentir, qu’il fallait percevoir, qu’il fallait voir. Par exemple à chaque printemps quand le Bois joli  arrivait, lui qui était la première petite branche fleurie rose du printemps, son père en cueillait une branche et la rapportait à sa femme. Chaque printemps il faisait cela, jamais il ne l’oubliait, tout le temps qu’a duré leur vie. Bien sûr cette petite branche de Bois joli n’était pas qu’une petite branche de Bois joli. Et cette branche, sa femme la comprenait, elle la lisait, elle savait. Peut-être que cette petite branche de Bois joli était le seul « je t’aime » de leur vie, il a en tout cas existé, avec sa beauté délicate, son parfum et sa poésie. Les mots se disent souvent dans les silences. Ne sont-ils pas alors encore plus justes ? Les mots d’amour peuvent se dire de mille manières  et aussi avec une branche de Bois joli ou de cerises. Qu’on se le dise...

À demain !

la gaillarde conteuse...

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 10 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Le jardin du 10 Juin

De la paille dans les allées et les cueillettes se font les pieds au sec, le panier posé sur la paille d’or. Bonheur.
La pluie est douce, froide, utile. Les feuilles des arbres gonflent dans cette humidité bienfaisante. Les noisetiers frétillent sous les gouttes. Savez-vous vraiment qui est le noisetier ?

Je vais vous dire ça…
Le noisetier était, dans la mythologie celtique, le gardien de la source de la connaissance. Dans ses branches logeaient des esprits féminins qui transmettaient la connaissance druidique. Le noisetier est donc symbole d’une initiation secrète, difficile d’accès. Les druidesses et les druides faisaient leurs baguettes de ses branches. Ces femmes et ces hommes étaient des ponts entre le monde des esprits et le monde des hommes et ils en favorisaient l’équilibre. Le noisetier faisait partie du « bosquet druidique » un cercle de sept arbres sacrés, un lieu magique, placé près d’une source : un bouleau, un aulne, un saule, un chêne, un houx, un noisetier et un pommier. 
Tiens, ils sont tous ici, ces arbres. 
Mais pas en cercle. 
Dommage…
Si vous méditez un instant près du noisetier, il vous apprendra à vous ouvrir à des connaissances nouvelles… 
On fait avec les branches du noisetier les baguettes dont les sourciers se servent pour découvrir les sources cachées sous la terre. 
Celui qui dort sous le noisetier peut faire des rêves prémonitoires. 
Le noisetier, planté près d’un puits, lui offre sa protection. 
Cet arbre ne produit pas que des noisettes ! 
Celles-ci sont d’ailleurs symboles de sagesse…

À demain ! 

La gaillarde conteuse…

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 9 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Il pleut, il pleut... le tour du jardin nous a valu ce matin pieds et mollets mouillés et froids, c’est excellent pour la circulation. Ah les limaces sont dans leur élément et on voit disparaître certains dahlias, des groupes entiers d´oeillets d’inde. Bonne nouvelle, il n’y  a plus de doryphores !! Mon époux a donc gagné cette guerre au potager. Du coup nous avons sorti un pied de pommes de terre, pour voir, belles, elles sont belles. Ce midi patates sautées pour le chevalier vainqueur, avec une salade batavia rouge. 

Ah dites donc les avocettes ! J’ai cueilli, écossé, cuisiné les premières cosses pleines. Un pur régal, le petit pois idéal. La dame du village avait bien raison. Merci. Nous les avons mangés à sa santé. Et il va y en avoir bien d´autres. Nous avons aussi fait un clafoutis avec des griottes. Oh la la ! 

Le potager nourrit, favorise la circulation (celle de nos jambes et celle des limaces ;-) et permet la connexion avec la nature. Il a tout bon. Prenons-en de la graine.

à demain !

la gaillarde conteuse...

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 8 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Aujourd’hui j’aimerais parler un peu du laurier. Cette aromatique très courante a une histoire. Dans la Grèce antique déjà, le laurier était dédié au dieu Apollon qui, amoureux de la nymphe Daphné, l’avait vue se transformer en laurier pour lui échapper. Il fit alors de cette plante son emblème. Il y avait à Delphes une prêtresse d’Apollon, la Pythie, qui faisait ses prédictions tout en mâchant des feuilles de laurier. 
Connaissez-vous le merveilleux savon d’Alep ? Composé d’huile d’olive et d’huile de baies de laurier, sa réputation n’est plus à faire. Il peut contenir jusqu’à 55% d’huile de baies de laurier. C’est un savon magique : plus il contient d’huile de baies de laurier, plus il est cicatrisant et purifiant, excellent pour les peaux grasses. Plus il contient d’huile d’olive, plus il est nourrissant et parfait pour les peaux sèches. Un must !

J’ai fait un voyage en Syrie, la Syrie d’avant, la vraie, j’ai conté dans un théâtre qui s’appelait « Les quarante martyrs. » et j’ai vu les splendides souks d’Alep et ses comptoirs de savons, d’étoffes et d’épices… c’était un séjour des mille et une nuits.

N’oubliez pas le laurier dans vos viandes mijotées, il apporte une note profonde à ces plats, il est nécessaire dans le bouquet garni. 
Et si vous êtes chauve, faites-en une couronne, car il paraît que Jules César portait une couronne de laurier pour cacher sa calvitie. C’est du chiqué ! Moi qui croyais qu’ils étaient pour lui les lauriers de la gloire, ce qui n’est pas beaucoup mieux d’ailleurs.

Mieux vaut les mettre dans le veau ! 

À demain !

La gaillarde conteuse… 

PS : il semble que les doryphores battent en retraite                

Partager cet article
Repost0

Le jardin du du 7 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Il pleut, quelle merveille. Après ces chaleurs déjà fortes, le jardin est heureux d’accueillir des douches fraîches. On le sent apaisé, détendu. Quelques jours sans lutter contre ce soleil piquant sont pour lui des vacances. Et puis la pluie est le meilleur arrosage, sauf si elle est trop forte, mais ce n’est pas le cas. Les doryphores par contre n’ont pas pour autant abandonné la partie, ils insistent, mon époux aussi, qui va gagner ? Il faut sauver les feuilles des pommes de terre, car sans feuilles, il n’y aura guère de ces précieux tubercules. 
Les cosses des avocettes se remplissent et deviennent joliment rebondies, je veille…
La nuit les serres sont refermées, pour protéger les tomates qui n’ont pas de penchant pour la fraîcheur. Autour de l’étang les grenouilles sont cachées et même silencieuses. À mon avis elles n’apprécient pas la fraîcheur elles non plus. Un rat musqué, ou peut être un petit ragondin, s’est installé sur la petite île, car c’est tout près des roseaux à massettes, qu’il adore. Il va falloir l’épiler, il pourrait bien tout dévorer.

Quand on a un jardin on ne peut pas y faire ce qu’on veut, c’est un morceau de nature et la nature est infiniment respectable, elle n’est pas notre propriété. Ici nous sommes plus serviteurs que maîtres. C’est subtil.

Je terminerai par ces quatre vers de Maurice Carême, poète de mon enfance…

Il pleut sur les longs toits de tuiles,
Il pleut sur les fleurs du pommier,
Il pleut une pluie si tranquille
Qu’on entend les jardins chanter.

À demain !

La gaillarde conteuse…

Partager cet article
Repost0

Le jardin du 6 Juin

Publié le par Patricia Gaillard

Ici c'est le jardin des contes et de la musique et ça ne passe pas inaperçu. Tout est de pierre, de terre et de bois. Les fenêtres de la maison prennent l'air, eh bien ça nous permet d'être un peu dehors l'hiver, quand le froid nous tient à l'intérieur. C'est une maison qui respire.
Ta ta ta, allons, on parlera de l'hiver en hiver !

Un pied de tomate dans sa serre porte des fruits gros comme des balles de tennis. Ils seront jaunes d'or et deviendront la première salade de tomates. Pas question ici de consommer la moindre tomate du commerce, même en hiver. Aussi cette première salade, agrémentée d'une fine sauce faite de vinaigre balsamique, d'huile de colza et d'ail nouveau, sera sacrée, je le dis en pesant ce mot. Semer les légumes, puis les voir grandir, prendre couleur, mûrir, est un accompagnement de la nourriture que chacun devrait pouvoir faire, tant il est bénéfique pour le corps et pour l'esprit. Vous allez dire "que vient faire ici l'esprit ?"
Vous n'imaginez pas à quel point se nourrir concerne l'esprit
Ce n'est pas pour rien que le paganisme attribuait des esprits aux arbres et aux plantes.
Mais nous aurons l'occasion d'y revenir
hé hé, vous me connaissez !

à demain

la gaillarde conteuse...

Partager cet article
Repost0