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Les mots du Jeudi 5

Publié le par Patricia Gaillard

Image jcoop12 - Pixabay

Cinquième Jeudi, les mots se bousculent et me hantent. J'aime ces vieux mots abandonnés et j'ai grand plaisir à leur donner une occasion de chanter. Car ils chantent, reconnaissez...
(J'adore absolument cette photo !)

Aujourd'hui lettre E

C'était une sorte de magicien, car avec la sueur d'une échinée, jetée dans l'eau seconde éléborisée et accompagné d'une excortication de frêne, il procédait à l'étuvement du tout. Puis, après un épitome de grimoire, qui devait venir tout droit de l'érèbe, on sentait de partout l'empyreume qui provoquait vraiment un enchifrènement et des échauboulures. Un éventailliste eut été précieux dans cet étrange endroit.
Je vous propose une escousse, pour quitter aussitôt ce récit !        

Les solutions !            

​​​​​​échinée : partie du dos d'un cochon
eau seconde : acide + eau                       
éléborisé : préparé avec de l'éllébore
​​​​​​​excortication : ôter l'écorce  
​​​​​​​étuvement : étuver 
​​​​​​épitome : abrégé d'une histoire, d'un livre 
érèbe : partie la plus obscure d'une l'enfer païen
​​​​​empyreume : odeur après distillation de matières végétales ou animales 
​​​​​​​enchifrènement : embarras dans le nez
​​​​​​​échauboulures : petite blessure
​​​​​​​éventailliste : marchand d'éventails 
​​​​​​​escousse : élan pour sauter 

la gaillarde conteuse 

Pour réaliser ces textes je m'inspire de l'ouvrage LES MOTS DISPARUS - Pierre LAROUSSE 

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Le Mardi des souvenirs 18

Publié le par Patricia Gaillard

Image Willgard - Pixabay

Petite j'adorais les bonbons. Mes minuscules économies y passaient. Mais en ce temps-là déjà, j'étais fascinée par la vitrine de la petite librairie du quartier. Et comme on me lisait des contes, je croyais que tous les livres racontaient des histoires. Je ne me trompais pas.
À six ans je lisais. J'ai commencé par lire les emballages : pâtes, riz, biscottes, cacao, chocolat, c'était magique. Et puis je chipais les romans policiers de mon grand frère et les déchiffrais avec peine. Heureusement.
Vers sept ans, avec mon argent de poche un peu moins minuscule, j'ai fini par oser entrer dans la librairie. Elle était petite comme une cuisine, et remplie de livres et de papeterie. Le choix n'était certes pas ce qu'il est aujourd'hui, mais je trouvais tout si beau !
J'ai commencé par la Bibliothèque Rose, avec le Club des Cinq d'Enid Blyton. Un bon début. 
Un jour sur le comptoir j'ai vu un livre "relié" rouge et noir, le titre était doré : Don Quichotte. Le prix était abordable. C'était une collection qui proposait les tomes au compte-gouttes. J'ai craqué. Cervantès, Balzac, Gogol, Han Suyin... Ce n'était pas encore de mon âge, mais les ouvrages étaient si jolis et ils me donnaient une allure d'intellectuelle qui me plaisait 😄
J'ai gardé pour les livres et la papeterie un amour définitif. Mes enfants en ont largement hérité et régulièrement ma fille et moi allons faire une sortie "papeterie" entre filles. C'est pour bientôt d'ailleurs. Je m'invente alors des besoins imaginaires et j'en reviens heureuse, fidèle à la petite librairie de mon cher vieux quartier... 

la gaillarde conteuse 

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Les mots du Jeudi 4

Publié le par Patricia Gaillard

Image ArtTower - Pixabay

Encore un Jeudi, encore quelques mots disparus à remettre en scène
Aujourd'hui des mots en D

C'était un dameret, convaincu de duire à toutes. Il arrivait en demi-fortune décorée de dentirostres et de dermobranches et accompagné d'un doguin. Il avait la dansomanie, mais seulement au décroît de la lune. Après ce spectacle il mettait un devantier et servait un diacode. Il était, sachez-le, excellent dramatiste. Mais il était dyscole et vivait donc parfaitement seul. Pourtant il rêvait de déguignonner un jour... 

Allez, je ne vous laisse pas mariner
Le sens est difficile à trouver
Voici donc la solution
C'est une sage décision 

Dameret : qui fait le beau auprès des dames
​​​
Duire : plaire, convenir
Demi-fortune : sorte de voiture
​​​​​​Dentirostre
 : sorte d'oiseau passereau
dermobranches : gastéropode
Doguin : petit dogue
Dansomanie : passion de la danse
Décroît : la lune en son dernier quartier 
Devantier : tablier
Diacode : sirop de tête de pavot blanc 😄 
Dramatiste : auteur de théâtre
Dyscole : d'humeur mauvaise, difficile à vivre
​​​​​​​
Déguignonner : faire cesser la mauvaise chance

la gaillarde conteuse  ​​​​​​​

Pour réaliser ces textes je m'inspire de l'ouvrage LES MOTS DISPARUS - Pierre LAROUSSE ​​​​​​​

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Le Mardi des souvenirs 17

Publié le par Patricia Gaillard

Ma petite mère était née en 1912. Elle n'est plus de ce monde, et quand je pense à elle, des souvenirs me reviennent, son goût par exemple pour la littérature romantique. Elle avait formé avec mon père un couple au chemin compliqué, abîmé par la guerre et par d'autres choses tristes. Mais elle avait rêvé d'amour et continuait à en rêver. Ses lectures étaient des ouvrages en allemand gothique, décorés de roses rouges et d'amoureux enlacés aux regards pleins d'étoiles. Parfois, le Dimanche, elle m'emmenait voir un film à l'eau de rose, au cinéma Le Vox, à Mulhouse. Il n'était pas loin, nous y allions à pied, et je me souviens bien du plaisir que ma mère ressentait à l'idée du film qui l'attendait. Ces films ne me plaisaient pas vraiment, je trouvais les histoires d'amour ennuyeuses et il y avait bien trop de roses rouges. 
Mais ce trajet vers le ciné, la joie de ma chère Irma, ce moment partagé devant le film suffisait largement à mon bonheur. 

Apprenez que dans un des chers romans d'Irma, une princesse s'appelait Patricia, elle m'a appelée comme ça. Mon chemin de conteuse a démarré dans l'eau de rose ! 

la gaillarde conteuse 

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